Choisir ses chaussures Hyrox : ce qui change vraiment la donne entre confort et performance
Le Hyrox te place face à une équation complexe : 8 km de course fractionnés sur 8 tours, entrecoupés de 8 stations fonctionnelles qui sollicitent force, puissance et stabilité. Une chaussure de running classique optimisée pour la course pure ne tiendra pas la route dès la première station de Sled push. Une chaussure de CrossFit trop rigide te fera souffrir sur les segments de course. Choisir la bonne paire, c'est comprendre où placer le curseur entre deux exigences contradictoires.
Pourquoi choisir des chaussures spécifiques pour Hyrox
Le format Hyrox impose des contraintes uniques qui n'existent dans aucune autre discipline. Sur une compétition, tu alternes entre course à pied modérée (1 km entre chaque station) et exercices fonctionnels sous charge : Sled push, Sled pull, Burpee broad jumps, Rowing, Farmers carry, Sandbag lunges, Wall balls, et SkiErg. Chaque transition te fait passer d'une sollicitation cardiovasculaire à un effort de force ou de puissance.
Une chaussure de running pur, conçue pour absorber les impacts sur longue distance avec un amorti maximal et une semelle profilée pour la propulsion avant, devient un handicap dès que tu pousses le traîneau. La semelle haute et souple compromet ta stabilité latérale. Le manque de traction te fait glisser sur le Sled push. L'absence de plateforme rigide réduit ta capacité à transmettre la force au sol.
À l'inverse, une chaussure de CrossFit ou d'haltérophilie, avec sa semelle plate et rigide, te fera payer chaque kilomètre de course. Le manque d'amorti augmente les contraintes articulaires. L'absence de roulement de pied ralentit ta foulée. Le poids élevé pénalise ta vitesse de déplacement.
Une chaussure Hyrox performante doit donc réconcilier deux mondes opposés : assez d'amorti pour protéger tes articulations sur 8 km, assez de stabilité pour performer aux stations de force, assez de traction pour ne pas glisser, assez légère pour ne pas te freiner. C'est cette hybridation qui fait toute la différence entre finir une compétition en souffrance et optimiser chaque seconde de ton chrono.
Les 5 critères techniques qui font la différence
Pour évaluer objectivement une chaussure Hyrox, il faut sortir des arguments marketing et se concentrer sur cinq critères mesurables qui impactent directement ta performance. Chaque critère répond à une contrainte spécifique du format. Comprendre leur rôle te permet de faire un choix éclairé plutôt que de suivre aveuglément les recommandations d'un vendeur.
L'amorti : trouver le bon équilibre entre protection et réactivité
L'amorti d'une chaussure détermine sa capacité à absorber les chocs répétés de la course. Sur 8 km, tes pieds encaissent plusieurs milliers d'impacts. Un amorti insuffisant augmente la fatigue musculaire des mollets, sollicite excessivement les tendons d'Achille et les articulations du genou. Tu le paies en fin de compétition, quand chaque foulée devient douloureuse.
Mais un amorti trop généreux crée un autre problème : l'instabilité. Une semelle épaisse et moelleuse te fait perdre le contact avec le sol, compromet ta proprioception et réduit ta capacité à transmettre la force efficacement aux stations. Au Farmers carry avec deux kettlebells de 24 kg, une semelle trop haute te fait vaciller. Au Sled push, tu perds en réactivité.
Les technologies d'amorti diffèrent selon les marques. Les mousses EVA (Ethylene Vinyl Acetate) sont les plus courantes, légères et abordables, mais elles se tassent avec l'usage et perdent progressivement leur capacité d'absorption. Les mousses PEBA (Polyether Block Amide), utilisées notamment dans les chaussures de running haut de gamme, offrent un retour d'énergie supérieur et résistent mieux à la compression, mais elles coûtent plus cher. Les mousses NITRO de Puma ou les technologies propriétaires d'autres marques cherchent à combiner légèreté, réactivité et durabilité.
Pour le Hyrox, le compromis idéal se situe dans un amorti modéré à ferme : assez présent pour protéger sur la distance, assez réactif pour ne pas pénaliser les stations. Une semelle intermédiaire entre 20 et 28 mm d'épaisseur constitue généralement un bon équilibre.
La stabilité latérale : ce qui te protège aux stations de force
La stabilité latérale mesure la capacité de la chaussure à maintenir ton pied aligné lors de mouvements multidirectionnels ou sous charge. Au Sled push, tu dois transmettre une force horizontale importante tout en gardant l'équilibre. Au Farmers carry, tu portes des charges lourdes qui déplacent ton centre de gravité. Aux Wall balls, tu descends en squat profond puis exploses vers le haut.
Une chaussure de running typique, conçue pour un mouvement linéaire avant, présente souvent une base étroite et une semelle profilée. Dès que tu sors du mouvement de course, elle ne te soutient plus. Le risque : torsion de cheville, déséquilibre sous charge, perte de puissance par fuite latérale.
Les caractéristiques d'une semelle stable incluent :
- Une base élargie : la semelle déborde légèrement de la tige au niveau du médio-pied et du talon, offrant une surface d'appui plus large.
- Une semelle intermédiaire plus ferme : moins de compression signifie moins de déformation sous charge.
- Un contrefort de talon rigide : il maintient l'arrière du pied en place et prévient les mouvements parasites.
- Un drop modéré à faible : une différence de hauteur limitée entre talon et avant-pied rapproche ton centre de gravité du sol.
Certaines marques intègrent des renforts latéraux sur la tige ou des structures de maintien qui ceinturent le médio-pied. Ces technologies, initialement développées pour le trail ou les sports multidirectionnels, trouvent leur utilité en Hyrox.
La traction : pourquoi ton grip au sol impacte directement ton chrono
La semelle extérieure constitue ton interface avec le sol. Sa capacité à accrocher détermine ton efficacité au Sled push, où chaque glissement te fait perdre de précieuses secondes, et aux transitions rapides entre course et stations.
Une semelle lisse, typique des chaussures de running sur route, glisse sur les surfaces lisses des salles de sport, particulièrement quand elles sont légèrement humides de sueur. Au Sled push, tu perds 20 à 30% de ta puissance si tes pieds dérapent. Aux Burpee broad jumps, tu manques de réactivité sur les réceptions.
À l'inverse, une semelle ultra-agrippante avec des crampons prononcés, comme sur une chaussure de trail, alourdit inutilement la chaussure et freine la fluidité de la foulée en course. Le bon compromis se trouve dans une gomme adhérente avec des reliefs multidirectionnels : assez profonds pour mordre au Sled push, assez plats pour ne pas freiner en course.
Les critères d'évaluation d'une bonne traction incluent :
- La composition de la gomme : les caoutchoucs tendres accrochent mieux mais s'usent plus vite. Les gommes dures durent longtemps mais offrent moins de grip.
- Le motif de la semelle : des crampons orientés dans plusieurs directions permettent une traction efficace en poussée avant (Sled push), en traction arrière (Sled pull) et en mouvement latéral.
- La surface de contact : une semelle plate avec une grande surface au sol offre plus de stabilité, mais elle doit maintenir suffisamment de reliefs pour accrocher.
En compétition, une différence de traction peut représenter 10 à 15 secondes perdues sur l'ensemble des stations de Sled. C'est considérable quand on optimise son chrono.
Le drop : faut-il privilégier un drop faible ou élevé pour Hyrox
Le drop désigne la différence de hauteur entre le talon et l'avant-pied, mesurée en millimètres. Une chaussure avec un drop de 10 mm a le talon surélevé de 10 mm par rapport à l'avant du pied. Une chaussure zéro drop place talon et avant-pied à la même hauteur, comme si tu étais pieds nus.
Le drop influence directement la biomécanique de ta foulée et ta posture aux stations. Un drop élevé (10-12 mm) favorise une attaque talon en course, réduit la sollicitation du tendon d'Achille et des mollets, et convient aux coureurs habitués au running traditionnel. Mais il te place en position légèrement penchée en avant, ce qui peut compromettre ta stabilité sous charge.
Un drop faible (0-6 mm) rapproche ta posture de celle du mouvement naturel pieds nus. Il favorise une attaque médio-pied ou avant-pied en course, sollicite davantage les mollets mais améliore la proprioception et la stabilité aux stations. Tu te sens plus ancré au sol, particulièrement au Farmers carry et aux Wall balls.
| Profil de pratiquant | Drop recommandé | Raison |
|---|---|---|
| Débutant issu du running classique | 8-10 mm | Transition progressive, protection du tendon d'Achille |
| Compétiteur régulier | 4-6 mm | Compromis performance course / stabilité stations |
| Pratiquant issu du CrossFit ou minimaliste | 0-4 mm | Habitude des positions basses, proprioception maximale |
Il n'existe pas de drop universellement supérieur. Le bon choix dépend de ton historique de pratique et de ta capacité d'adaptation. Si tu cours habituellement avec un drop élevé, passer brutalement à zéro drop pour une compétition Hyrox te fera souffrir des mollets dès le premier tour. La transition doit être progressive, sur plusieurs semaines d'entraînement.
Le poids de la chaussure : où placer le curseur
Chaque gramme superflu que tu portes aux pieds se multiplie par le nombre de foulées. Sur 8 km, cela représente environ 10 000 foulées. Une différence de 50 grammes par chaussure équivaut à soulever 1 000 kg supplémentaires sur l'ensemble de la compétition.
Mais la légèreté absolue n'est pas l'objectif. Une chaussure ultra-légère sacrifie généralement l'amorti, la stabilité ou la durabilité. Pour le Hyrox, le compromis se situe entre 250 et 320 grammes par chaussure (pour une taille homme 42). En dessous, tu perds en protection et en robustesse. Au-dessus, tu te charges inutilement.
Le poids se répartit entre plusieurs composants :
La semelle intermédiaire (mousse d'amorti) représente une part importante du poids. Les mousses modernes permettent de réduire ce poids sans sacrifier l'amorti, mais elles coûtent plus cher.
La semelle extérieure : une gomme épaisse et résistante pèse plus lourd qu'une semelle fine. Le compromis dépend de ta fréquence d'entraînement et de la durée de vie souhaitée.
La tige (partie supérieure qui enveloppe le pied) : les matériaux mesh légers réduisent le poids mais offrent moins de maintien. Les tiges renforcées alourdissent mais améliorent la stabilité latérale.
Pour un débutant qui vise avant tout à finir la compétition confortablement, privilégier 20 à 30 grammes d'amorti supplémentaire sur la protection articulaire est un bon investissement. Pour un compétiteur qui optimise son chrono et a développé une solide condition physique, chaque gramme économisé compte.
Confort vs performance : comment arbitrer selon ton profil
La frontière entre confort et performance n'est pas la même selon que tu vises un podium ou que tu découvres ta première compétition. Mal comprendre cette distinction, c'est soit souffrir inutilement sur 8 km, soit brider ton potentiel avec un équipement inadapté.
Si tu débutes en Hyrox, ton objectif principal est de terminer la compétition sans blessure ni douleur excessive. Tu n'as pas encore développé la condition physique spécifique du format. Tes pieds, tes articulations et tes muscles ne sont pas habitués à enchaîner course et stations fonctionnelles. Dans ce contexte, privilégier le confort protecteur est une stratégie gagnante :
Un amorti généreux réduit les contraintes articulaires et retarde l'apparition de la fatigue musculaire. Une chaussure légèrement plus lourde mais plus confortable te permettra de maintenir un rythme constant plutôt que de ralentir progressivement sous l'effet de la douleur. Un drop modéré (8-10 mm) protège ton tendon d'Achille si tu n'es pas habitué aux positions basses.
Si tu compétitionnes régulièrement et que tu cherches à améliorer ton chrono, chaque seconde compte. Tu as développé la condition physique nécessaire. Tes pieds tolèrent mieux les contraintes répétées. Tu connais tes points forts et tes limites. Dans ce contexte, basculer vers la performance optimisée devient pertinent :
Un amorti plus ferme améliore la réactivité et la transmission de force aux stations. Une chaussure plus légère réduit la dépense énergétique en course. Un drop plus faible améliore ta stabilité sous charge et ta proprioception. Une semelle plus adhérente te fait gagner des secondes précieuses au Sled push.
Entre les deux, la zone grise des compétiteurs occasionnels : tu participes à quelques compétitions par an, tu t'entraînes régulièrement, mais tu ne vises pas de podium. Pour toi, le compromis idéal se situe dans une chaussure polyvalente qui offre suffisamment de protection pour éviter les blessures tout en ne bridant pas ta progression. C'est souvent dans cette catégorie que se trouvent les chaussures labellisées "Hyrox" par les marques, pensées spécifiquement pour cet arbitrage.
Les erreurs fréquentes dans le choix de ses chaussures Hyrox
Certaines erreurs reviennent systématiquement chez les pratiquants qui découvrent le format ou qui sous-estiment l'importance de l'équipement. Les identifier te permet de les éviter.
Choisir une chaussure de running pur est l'erreur la plus fréquente. Tu cours régulièrement, tu as déjà tes chaussures fétiches, et tu te dis qu'elles suffiront pour le Hyrox. Résultat : dès la première station de Sled push, tu glisses. Au Farmers carry, tu manques de stabilité. À mi-compétition, tes genoux commencent à souffrir du manque de rigidité latérale. Les chaussures de running sont optimisées pour un mouvement linéaire et continu, pas pour les changements de direction et les charges lourdes.
Privilégier l'esthétique sur la technique est une autre dérive courante. Une chaussure au design attractif ne garantit pas une performance adaptée au Hyrox. Si le coloris te plaît mais que la semelle est trop souple ou le drop inadapté à ton profil, tu le paieras en compétition. Choisis d'abord selon les critères techniques, l'esthétique vient en second.
Négliger l'essayage en conditions réelles conduit à des mauvaises surprises le jour de la compétition. Essayer une chaussure en magasin, marcher quelques mètres et valider l'achat ne suffit pas. Tu dois tester en situation : un entraînement complet avec course et stations, idéalement une simulation de compétition. Une chaussure peut sembler confortable à froid et révéler des points de friction ou un manque de maintien à chaud, sous fatigue.
Sous-estimer l'usure en entraînement est particulièrement vrai si tu t'entraînes intensivement. Une chaussure qui perd son amorti ou dont la semelle se lisse devient contre-productive. Tu perds en protection articulaire et en traction. Continuer à l'utiliser par économie augmente le risque de blessure et dégrade tes performances. Surveiller l'état de tes chaussures et les remplacer avant qu'elles ne soient trop usées fait partie de l'hygiène de l'entraînement.
Acheter trop tard avant une compétition ne te laisse pas le temps de roder tes chaussures ni de détecter un éventuel problème d'adaptation. Une chaussure neuve peut provoquer des ampoules ou révéler un défaut de confort que tu n'avais pas anticipé. Tu te retrouves coincé entre repartir sur tes anciennes chaussures inadaptées ou compétitionner avec une paire qui te fait souffrir.
Tester tes chaussures avant la compétition : le protocole à suivre
Une fois que tu as identifié la chaussure qui correspond à ton profil, reste à la valider en conditions réelles. Un protocole méthodique te permet d'éviter les mauvaises surprises le jour de la compétition.
Phase 1 : Premier essai en entraînement léger (semaine 1). Porte tes chaussures sur une séance technique peu intense : échauffement, exercices de mobilité, quelques stations à faible intensité. Objectif : vérifier le confort immédiat, repérer d'éventuels points de pression ou de friction. Observe particulièrement les zones sensibles : talon, voûte plantaire, avant-pied. Si des douleurs apparaissent dès cette première séance, c'est mauvais signe.
Phase 2 : Entraînement hybride course et stations (semaine 2-3). Intègre tes chaussures sur des séances complètes Hyrox : plusieurs kilomètres de course entrecoupés de stations. Augmente progressivement l'intensité. Vérifie que l'amorti reste confortable après 4 à 5 km, que la stabilité est présente au Sled push et au Farmers carry, que la traction ne te fait pas glisser. À ce stade, tu dois ressentir si la chaussure correspond à ton style de mouvement.
Phase 3 : Simulation de compétition (semaine 4). Réalise une séance complète en conditions proches de la compétition : 8 km de course avec les 8 stations, à une intensité soutenue. C'est le test décisif. Si des ampoules apparaissent, si tes pieds gonflent excessivement, si tu ressens une fatigue anormale des mollets ou des douleurs articulaires, quelque chose ne va pas. À l'inverse, si tu termines la séance sans douleur particulière et avec le sentiment d'avoir été bien soutenu, la validation est positive.
Phase 4 : Rodage final (semaine 5 à compétition). Continue à utiliser tes chaussures sur tes entraînements réguliers, mais réduis l'intensité à l'approche de la compétition pour préserver leur état. Évite de les utiliser sur des surfaces trop abrasives qui useraient prématurément la semelle. Gère les éventuelles ampoules avec des pansements préventifs aux zones sensibles.
Un point crucial : ne change jamais de chaussures dans les 10 jours avant une compétition. Si un problème survient, tu n'as plus le temps de t'adapter. Mieux vaut compétitionner avec une chaussure imparfaite mais rodée qu'avec une paire parfaite sur le papier mais non testée.
Combien investir dans ses chaussures Hyrox
Le marché des chaussures Hyrox ou adaptées au format s'étale sur une large fourchette de prix : de 90 euros pour des modèles d'entrée de gamme à 200 euros pour des références haut de gamme avec technologies avancées. Savoir où placer ton budget dépend de ta fréquence de pratique et de tes objectifs.
Budget entrée de gamme : 90-120 euros. Ces modèles offrent un compromis acceptable pour débuter sans investir massivement. Tu trouves généralement un amorti correct, une stabilité suffisante et une durabilité raisonnable. Les technologies sont basiques : mousse EVA standard, semelle en caoutchouc classique, tige en mesh simple. Si tu participes à une ou deux compétitions par an et que tu t'entraînes une à deux fois par semaine, ce budget suffit amplement. L'essentiel est de choisir un modèle pensé pour la polyvalence course-renforcement, pas une chaussure de running route pure.
Budget intermédiaire : 120-160 euros. C'est la zone de prix où se concentrent les meilleurs rapports qualité-prix. Les marques intègrent des technologies de mousses plus performantes (EVA amélioré, premières générations de PEBA), des semelles extérieures plus adhérentes, des renforts de stabilité efficaces. La durabilité augmente, le confort s'améliore, la performance progresse sans exploser le budget. Si tu compétitionnes régulièrement (3 à 5 fois par an) et que tu t'entraînes sérieusement, cet investissement est cohérent.
Budget haut de gamme : 160-200 euros. Tu paies pour les dernières technologies : mousses PEBA haute performance, plaques de rigidité stratégiquement placées, semelles ultra-adhérentes avec gommes spécifiques, tiges renforcées avec maintien optimal. La différence de performance existe, mais elle devient marginale. Si tu vises un podium, si chaque seconde compte, si tu t'entraînes quatre fois par semaine ou plus, cet investissement se justifie. Pour un pratiquant occasionnel, le gain de performance ne justifie pas le surcoût.
Un critère souvent négligé : la fréquence de remplacement. Une chaussure à 100 euros qui dure 400 km coûte 0,25 euro par kilomètre. Une chaussure à 180 euros qui dure 800 km coûte 0,22 euro par kilomètre. Le haut de gamme, s'il est plus durable, peut se révéler plus économique sur la durée. Intègre cette variable dans ton calcul, particulièrement si tu t'entraînes intensivement.
Quand remplacer ses chaussures de Hyrox
Une chaussure usée ne te lâche pas d'un coup. La dégradation est progressive, insidieuse. Tu t'habitues au manque d'amorti, tu compenses inconsciemment la perte de traction, jusqu'au jour où une douleur articulaire ou une blessure te rappelle que tu aurais dû changer de paire depuis longtemps.
Les signes d'usure à surveiller sont multiples. Le premier indicateur visible est l'état de la semelle extérieure. Si la gomme est lisse, particulièrement sous l'avant-pied et le talon, tu as perdu ta traction. Au Sled push, tu glisses. Aux transitions, tu manques de réactivité. Passe ta main sur la semelle : si elle est uniformément plate sans reliefs marqués, le remplacement s'impose.
Le second indicateur, moins visible mais plus important, est l'amorti de la semelle intermédiaire. Les mousses se tassent avec les kilomètres et les compressions répétées. Presse fermement la semelle avec le pouce : si elle reste enfoncée et ne revient pas rapidement à sa forme initiale, l'amorti est mort. En course, tu ressens davantage les impacts. Tes articulations travaillent plus. La fatigue musculaire apparaît plus tôt.
Le troisième indicateur concerne la stabilité structurelle. Pose ta chaussure sur une surface plane et observe-la de derrière. Si elle penche d'un côté, si le contrefort de talon est déformé, si la semelle présente une usure asymétrique prononcée, la chaussure ne maintient plus correctement ton pied. Continuer à l'utiliser augmente le risque de blessure, particulièrement aux stations sous charge.
Le quatrième indicateur, subjectif mais fiable, est la sensation de confort. Si tu termines tes entraînements avec des douleurs articulaires nouvelles (genoux, chevilles, hanches) alors que ton volume d'entraînement n'a pas changé, tes chaussures sont probablement en cause. Si tu ressens une fatigue musculaire excessive des mollets ou des pieds, idem.
Durée de vie estimée : une chaussure Hyrox de bonne qualité, utilisée exclusivement pour le Hyrox (pas pour d'autres sports), dure généralement entre 500 et 800 km selon les modèles et l'intensité de pratique. En nombre de compétitions, compte environ 6 à 10 Hyrox avant remplacement, en incluant les entraînements préparatoires. Si tu t'entraînes intensivement avec plusieurs simulations complètes par mois, la durée de vie se réduit.
Pour prolonger la longévité sans compromettre la sécurité : alterne entre deux paires de chaussures si tu t'entraînes fréquemment. Cela permet aux mousses de récupérer complètement entre deux utilisations. Ne lave pas tes chaussures en machine, cela dégrade les colles et les structures internes. Laisse-les sécher naturellement après chaque utilisation, sans source de chaleur directe. Utilise-les exclusivement pour le Hyrox ou des entraînements similaires, pas pour des sorties longues sur route qui les useraient prématurément.
Enfin, garde tes anciennes chaussures pour des séances légères ou techniques même après les avoir retirées de la compétition, mais ne les utilise plus pour des efforts intenses ou des compétitions. Une chaussure usée reste acceptable pour un échauffement ou une séance de mobilité, mais elle devient dangereuse sur un Sled push à intensité maximale.
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas utiliser des chaussures de running classiques pour Hyrox ?
Les chaussures de running classiques sont optimisées uniquement pour la course en ligne droite et manquent de stabilité latérale. En Hyrox, vous enchaînez 8 km de course avec 8 stations fonctionnelles qui sollicitent différemment vos pieds : poussées de traîneau, portages, sauts. Une chaussure de running pure sera trop souple et instable pour ces exercices, augmentant le risque de blessure et diminuant votre efficacité aux stations de force.
Quel drop choisir pour mes chaussures Hyrox ?
Pour Hyrox, un drop entre 4 et 8 mm représente le meilleur compromis. Un drop faible (4-6 mm) favorise une meilleure posture aux stations de force et une foulée plus naturelle, idéal si vous venez du CrossFit ou du fitness. Un drop moyen (6-8 mm) convient mieux aux débutants ou coureurs habitués au running traditionnel, offrant plus de confort sur les 8 km. Évitez les drops supérieurs à 10 mm qui compromettent la stabilité aux stations.
Combien de temps durent des chaussures de Hyrox ?
La durée de vie varie entre 400 et 600 km selon l'intensité d'utilisation et votre poids. En pratique, cela représente environ 6 à 8 mois pour un pratiquant régulier s'entraînant 3 fois par semaine. Surveillez l'usure de la semelle extérieure, le tassement de l'amorti (moins de rebond ressenti) et la perte de stabilité latérale. Pour une compétition importante, remplacez vos chaussures si elles dépassent 500 km ou après 4-5 compétitions Hyrox.
Quel budget prévoir pour des chaussures Hyrox de qualité ?
Comptez entre 120 et 180 euros pour un modèle adapté à Hyrox. Les modèles entre 120-140 euros conviennent parfaitement aux débutants et pratiquants occasionnels. Les chaussures haut de gamme (150-180 euros) se justifient pour les compétiteurs réguliers recherchant des technologies avancées et une durabilité supérieure. Évitez les modèles en dessous de 100 euros qui compromettent souvent la stabilité et la durabilité, critères essentiels pour ce format hybride.
Comment tester mes chaussures avant une compétition Hyrox ?
Prévoyez au minimum 3 semaines de rodage avec un protocole progressif. Semaine 1 : utilisez-les sur vos entraînements courts (3-5 km) et quelques stations isolées. Semaine 2 : intégrez-les sur une séance complète mixant course et stations. Semaine 3 : réalisez une simulation complète de compétition pour valider le confort sur la distance et aux transitions. Observez les points de friction, la fatigue ressentie et votre stabilité aux exercices fonctionnels. Ne changez jamais de chaussures la semaine précédant la compétition.